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Le couple et la communication sans violence

réflexion

La majeure partie des problèmes de couple sont des problèmes de communication. Les reproches, les critiques tuent la bonne humeur et le sourire nécessaires à une entente harmonieuse !

Qu’est-ce que la communication sans violence ?

La violence dans la communication, c’est attribuer à l’autre une intention qu’il n’a pas. C’est juger du bien-fondé ou pas de ce que l’autre ressent, pense ou souhaite. Ce sont des accusations et des critiques globalisantes, des jugements sur la personne et pas seulement sur l’acte. La communication sans violence, c’est le contraire… c’est accepter que l’autre n’a pas forcément la même pensée, la même envie, les mêmes émotions que soi…. et que c’est légitime !

Il vaut mieux dire : « Tes chaussettes ne sont pas rangées » plutôt que : « Tu es désordonné ! » (ce qui est une critique) voire plus : « Tu ne me respectes pas ! » (ce qui est une accusation.)

Il vaut mieux dire : « Je n’ai pas envie de faire l’amour ce soir » plutôt que de dire : « Tu ne penses qu’à ça ! ».

Ses conditions

La communication sans violence permet que chacun puisse s’exprimer de façon claire, au fur et à mesure, sans que l’autre ne se sente agressé. Car trop souvent l’on n’ose pas dire pour ne pas risquer de perdre la relation et les contentieux s’amoncellent… jusqu’au jour où tout explose en vrac. Souvent, les filles ont été éduquées pour être bien sages, ne pas répondre ; elles ont ressenti qu’elles garderaient l’amour de leurs parents à condition d’être bien obéissantes. Les jeunes femmes qu’elles sont devenues n’osent pas s’exprimer de peur que leur amoureux ne les aime plus… Dans le même temps, l’homme reproche à sa compagne de ne pas savoir ce qu’elle veut ou pas et de déverser tout à coup des tonnes de reproches gardés en mémoire. Communiquer sans violence, c’est affirmer tranquillement et fermement un besoin, une préférence, un refus, sans imputer à l’autre une prétendue mauvaise volonté.

Il faut aussi absolument comprendre que chacun a ses propres références, préférences, peurs, dégoûts, normes, habitudes, selon ce que sa vie lui a enseignée. Si nous n’avons pas les mêmes envies, au même moment, l’un n’a pas raison et l’autre tort… Si l’un a des habitudes et l’autre d’autres, l’un n’a pas raison et l’autre tort… Si l’un pense de telle manière et l’autre de telle autre, l’un n’a pas raison et l’autre tort… Prenons quelques exemples tout simples : l’un veut dormir la fenêtre ouverte et l’autre avec la fenêtre fermée… L’un a besoin d’ordre et l’autre aime bien une maison cool… L’un préfère faire l’amour de telle manière et l’autre de telle autre…
La communication sans violence suppose que l’on comprenne sans le juger le terrain de l’autre et que l’on tente de voir si on peut s’en rapprocher au lieu de critiquer l’autre de penser, d’éprouver ou de préférer différemment de soi-même. Cela demande une certaine ouverture d’esprit et de connaissance de soi. Cela demande aussi d’être capable d’assumer sereinement notre besoin sans demander à l’autre d’en prendre la responsabilité…. et la culpabilité s’il n’y répondait pas !

Ses bénéfices pour le couple

La communication sans violence peut débarrasser le couple des séquelles de nos éducations respectives. En effet, nos habitudes, nos croyances sont toujours la conséquence, en fidélité ou en opposition, de la manière dont nos émotions ont été bien ou mal traitées dans notre enfance. A travers deux êtres qui auraient tout eu pour être heureux mais qui se déchirent, ce sont bien souvent deux familles, deux systèmes éducatifs, deux milieux sociaux qui s’affrontent… c’est bien dommage !

Conseils ou méthodes pour arriver à communiquer

Débarrassés de l’idée que nous avons raison, l’autre tort et qu’il agit comme il agit sans respect, nous pouvons alors utiliser une méthodologie très simple à mettre en oeuvre : lors d’un sujet de discorde, il s’agit de décrire les faits, d’expliquer en quoi cela nous dérange, et de proposer une solution réaliste et acceptable. Pour être en capacité de proposer cette solution acceptable par l’autre, il est évident qu’il faut l’avoir écouté et suffisamment compris afin que la solution en tienne vraiment compte. L’ouvrage que j’ai écrit décrit très précisément la manière de s’y prendre.

Exemple classique d’accusations : « Tu rentres tout le temps tard, tu n’es jamais là, on ne passe pas assez de temps ensemble. »

La communication sans violence dans ce cas pourrait se traduire par :

« La semaine dernière, tu es rentré plusieurs fois à 20 heures. J’étais déçue parce que j’aurais aimé que nous puissions aller au cinéma ensemble. J’ai besoin de faire des choses sympa avec toi. ça te dirait de prévoir régulièrement des moments en amoureux ? »

Un autre exemple : « Tu ne m’écoutes jamais, tu ne me poses pas de questions, tu ne t’intéresses pas à moi, tu te fous de moi ! »

Essayez plutôt : « Tu sais, l’autre jour, quand j’ai essayé de te parler de mon travail, tu as changé de conversation. J’étais très triste et en colère parce que j’avais vraiment besoin de tes conseils. Je sais bien que ça ne doit pas être très marrant pour toi et je te promets qu’on ne va pas y passer la soirée, mais j’aimerais que tu puisses me dire ce que tu en penses (ou j’aimerais pouvoir partager cette exaspération que je ressens. » Bien entendu, dans cet exemple, il faut bien comprendre que l’autre a aussi ses propres soucis et certainement pas l’envie de passer une soirée morose à ressasser en boucle des histoires de bureau… Soyez brève et proposez ensuite un sujet agréable, le sourire aux lèvres !

Troisième exemple : « Arrête de me demander qui m’appelle, m’envoie des textos ! J’ai l’impression que tu m’espionnes, que tu veux me contrôler ! »

Proposition de communication sans violence :
« Tu n’y mets certainement pas de mauvaise intention mais, quand tu me demandes qui me téléphone, je suis mal à l’aise car je ne fais rien de mal vis à vis de toi mais j’ai besoin de ta confiance. C’est toi que j’aime et j’ai envie d’avoir une relation dans laquelle je me sente libre… libre de venir vers toi avec joie ! »

La communication sans violence est-elle toujours efficace ?

Je crois que, si ce que j’ai expliqué sur l’intention n’est pas compris, si on emploie une méthode sans avoir acquis la compréhension profonde de l’esprit de la méthode, c’est artificiel et peu convainquant… La méthode est importante, comme un outil qui facilite la réalisation d’une oeuvre… comme un pinceau et des peintures sans lesquelles le tableau ne pourrait pas exister… mais, avant tout, c’est tout de même l’artiste qui compte !

Image d'illustration de cet article "Le couple et la communication sans violence" par ed